Où l'on voit qu'au delà de la dévotion et du souci pour la santé des enfants, un pèlerinage ça fait aussi marcher le commerce...
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Le jour où la conteuse que je suis a rencontré Saint Christophe dans La Légende Dorée de Jacques de Voragine, elle s'est retrouvée sur les traces d'un géant "de plus en plus fort" qui aboie, passe les rivières, et finit par porter un fardeau si lourd qu'il manque de se noyer...
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A Neuillé-Pont St Pierre en Touraine,on creuse avec la pointe d'un couteau les jambes d'une gigantesque statue en pierre tendre de St Christophe, et la poudre ainsi recueillie est mélangée à la bouillie des enfants pour les guérir du mal de jambePaul Sébillot, Croyances, mythes et légendes des pays de France, Omnibus 2002, page 1291.
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On prie Saint Christophe pour avoir de l'ouvrage. En 1619 les portefaix de Saint-Malo s'organisèrent en confrérie sous le patronage de saint Christophe (25 juillet). François Duine a signalé qu'il y eut une statue de ce saint à la grande porte de la ville (R.T.P. Revue des Traditions Populaires, t. 26-1911, p. 409). La Révolution ayant effacé, parmi d'autres, cette « marque du fanatisme » en brisant la statue, elle fut remplacée au début du 20ème siècle. Ils l'invoquaient pour avoir de l'ouvrage. Rien n'interdit aux actuels dockers, porteurs, débardeurs et autres ouvriers du port d'essayer de ré-activer cette pratique, qui pourrait s'avérer bien appréciable par ces temps de crise...Bon ça ne lui a pas porté bonheur à la statue que je m'en occupe aujourd'hui. cf Ouest France.
Le soir du 18 décembre 1869, il y a un brouillard à couper au couteau. Le passeur, Olivier Marker, surnommé Saperlott est remonté chez lui, juste à côté de la chapelle Saint Christophe. Pendant le repas sa fille entend sonner comme un glas, puis la porte s'ouvre et dehors il n'y a personne sauf un grand chien et des cris. Le passeur suit le chien... Quand il revient, bien plus tard, il raconte qu'il a suivi le chien jusqu'à sa barque dans laquelle l'attendaient 12 marins en costumes de service. Ils ont appelé le chien "Korymbo" qui a sauté dans la barque. Saperlott leur a demandé qui ils étaient. Ils ont répondu qu'ils étaient de la Gorgone et qu'ils voulaient traverser vers Paimpol. Le passeur les a trouvés bien mouillés et pas bien gais pour des permissionnaires. Pas un ne l'a aidé à la manoeuvre non plus, pourtant ce soir là les rames étaient bien plus lourdes que d'habitude. Mais le pire c'est qu'arrivés sur l'autre rive ils n'ont pas payé leur passage. Ils ont juste dit "Dieu te le rende" pendant que leur chien hurlait. Le passeur veut aller voir le commissaire de la marine dès le lendemain à Paimpol pour qu'on lui rende justice. Le lendemain, il confie la barque à ses fils, et part, furieux, à Paimpol. Il revient vite, il est décomposé. Il dit : "L'an prochain je ne serai plus le passeur. La Gorgone a sombré hier , corps et biens, dans les parages d'Ouessant et il y avait 12 Paimpolais dans l'équipage".
... La grand mère habitait loin, alors la fille s'est préparé un petit goûter pour la route. Des gimblettes et un morceau de pain trempé dans de l'huile d'olive avec un peu de sel. Elle est partie, a marché et est arrivée devant le fleuve (qu'on appelle parfois le Jourdain). Il n'y avait pas de pont, ni de gué. Elle a dit, fleuve, fleuve, laisse moi passer ! Le fleuve a répondu : je ne laisse pas passer pour rien, que me donnes-tu ? La fille a pris les gimblettes et les a jetées dans le fleuve, elles ont flotté un moment puis coulé et le fleuve a écarté ses eaux pour la laisser passer, elle est passée sans se mouiller les pieds. Le pain trempé dans l'huile d'olive, elle l'a donné à la porte râteau pour qu'elle s'ouvre...Le Passage de la Mer rouge, ça ne vous dit rien ? Il va falloir que j'aille voir celui que Chagall à peint dans l'Eglise du Plateau d'Assy...
...Au retour de chez la grand mère (qui a été mangée par une ogresse poilue), poursuivie par l'ogresse, la porte, parce qu'elle a eu de l'huile, laisse passer la fille et l'ogresse qui est juste derrière. Le fleuve écarte ses eaux pour la fille, malgré les menaces de l'ogresse, parce qu'elle lui a donné des gimblettes mais il se referme sur l'ogresse poilue et la noie...
Qu’est ce qu’il manque aux hommes, dès qu’ils ont trois pommes, dès qu’ils ont trois pommes de haut, il manque un bateau. Pour partir sur l’île, pour trouver l’idylle, une image à leur bonheur qui soit mieux qu’ailleurs … (l’île de Batz chanson extraite de « Hey !Ho ! »)
Je peins, c’est ma part de silence entre les chansons. Mélaine Favennec
Il y avait seize ans à l’époque où se passe cette histoire que, par un beau matin de dimanche de la Quasimodo, une créature vivante avait été déposée après la messe dans l’église de Notre-Dame, sur le bois de lit scellé dans le parvis à main gauche, vis-à-vis ce grand image de saint Christophe que la figure sculptée en pierre de messire Antoine des Essarts, chevalier, regardait à genoux depuis 1413, lorsqu’on s’est avisé de jeter bas et le saint et le fidèle. C’est sur ce bois de lit qu’il était d’usage d’exposer les enfants trouvés à la charité publique. Les prenait là qui voulait. Devant le bois de lit était un bassin de cuivre pour les aumônes.
L’espèce d’être vivant qui gisait sur cette planche le matin de la Quasimodo, en l’an du Seigneur 1467, paraissait exciter à un haut degré la curiosité du groupe assez considérable qui s’était amassé autour du bois de lit. Le groupe était formé en grande partie de personnes du beau sexe. Ce n’étaient presque que des vieilles femmes.
Siddhartha resta auprès du passeur et apprit à se servir lui aussi de la barque. Quand il n'était pas occupé à passer, il travaillait dans une rizière avec Vasudeva, ramassait du bois et cueillait des bananes. Il sut bientôt fabriquer des rames, réparer la barque, tresser les corbeilles et s'intéressait vivement à tout ce que son compagnon lui enseignait. Mais si Vasudeva pouvait lui enseigner beaucoup de choses, le fleuve lui en enseignait davantage et cet enseignement durait sans interruption. La première chose qu'il apprit ce fut à écouter, à écouter d'un coeur tranquille, l'âme ouverte et attentive, sans passion, sans désir, sans jugement, sans opinion. Il vivait aux côtés de Vasudeva dans la plus étroite amitié et si parfois ils échangeaient quelques propos, ce n'était que pour se dire des choses brèves et mûrement réflèchies. Vasudeva n'aimait pas les longs discours et Siddhartha arrivait rarement à le faire parler. Un jour, il lui posa cette question : "Est-ce que le fleuve t'a aussi initié à ce mystère : que le temps n'existe pas ?Hermann Hesse "Siddhartha" Le Livre de Poche
- Oui, Siddhartha, lui répondit-il. Tu veux dire sans doute que le fleuve est partout simultanément : à sa source et à son embouchure, à la cataracte, au bac, au rapide, dans la mer, à la montagne : partout en même temps, et qu'il n'y a pas pour lui la moindre parcelle de passé ou la plus petite idée d'avenir, mais seulement le présent.
- C'est cela dit Siddhartha. Et quand j'eus appris cela, je jetai un coup d'oeil sur ma vie, et elle m'apparut aussi comme un fleuve, et je vis que Siddhartha petit garçon n'était séparé de Siddhartha homme et de Siddharta vieillard par rien de réel, mais seulement par des ombres.
Pour info, afin que tu la voie dans le contexte, voici une partie de l'ensemble de la fresque. Ce sont des saints alignés En faisant face à l'iconostase cet ensemble se trouve a gauche alors qu'à droite il y a une représentation des saints inventeurs de l'alphabet cyrillique. Ce côté gauche est considéré comme païen ("c'est les méchants..., ils ne sont pas bien, c'est une autre religion"...) De ce même côté se trouve un trou de fertilité par où les femmes passent horizontalement , il y a aussi la ceinture de fertilité qu'une vieille femme vous passe verticalement et... la source avec des brocs le tout dans l'église même. (je ne te dis pas la bousculade de rites et croyances qui se mêlent...) J'ai assisté à la fête de Ste Precista : c'est un délire : j'ai adoré, et j'ai suivi tous les rituels de fertilité, de bonheur, de baignade, de ceinture, de passage dans le trou... bon, mais ça, on le faisait tout le temps avec C. Gaignebet ahah! Anastasia Ortenzio
Promesse tenue! Voici le St Christophe cynocéphale photographié en Macédoine (Kicevo) détail d'un ensemble de personnages dans une fresque d'église dédiée à la Vierge. Ce saint à tête de chien rappelle Anubis, divinité egyptienne. Anubis est un passeur, comme St Christophe : il conduit les âmes dans l'autre côté du Monde. Le thème de St Christophe est à rapprocher du conte "Le Roitelet".Il reste à trouver ce conte du Roitelet : la suite surement très bientôt !
