Affichage des articles dont le libellé est paris. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est paris. Afficher tous les articles

mercredi 26 novembre 2014

Le Colosse de Saint Christophe à Notre Dame de Paris
























 
C'est une gravure d'un vieux livre sur Notre Dame de Paris. J'avais entendu parler de ce colosse et déjà commis un article sur le sujet en 2008 ... Où il était dit que cette statue (installée vers 1413 à l'interieur de la Cathédrale) avait été détruite "par accident" à la fin du 18ième siècle. En fait elle aurait été condamnée par Le Chapître en 1784 parce qu'elle était considérée comme laide et  ne correspondant plus à ce qu'on souhaitait montrer. Allez voir aussi sur ce site dédié aux cimetières, la mention d'une église St Christophe en face de Notre Dame. Je ne sais si la gravure ci dessus (du 19ième) a valeur de preuve mais la taille du colosse est à rapprocher de celle du Saint Christophe encore debout à Saint Christophe sur le Nais
Victor Hugo situe les débuts dans la vie de Quasimodo, devant cette statue :
Il y avait seize ans à l’époque où se passe cette histoire que, par un beau matin de dimanche de la Quasimodo, une créature vivante avait été déposée après la messe dans l’église de Notre-Dame, sur le bois de lit scellé dans le parvis à main gauche, vis-à-vis ce grand image de saint Christophe que la figure sculptée en pierre de messire Antoine des Essarts, chevalier, regardait à genoux depuis 1413, lorsqu’on s’est avisé de jeter bas et le saint et le fidèle. C’est sur ce bois de lit qu’il était d’usage d’exposer les enfants trouvés à la charité publique. Les prenait là qui voulait. Devant le bois de lit était un bassin de cuivre pour les aumônes.
L’espèce d’être vivant qui gisait sur cette planche le matin de la Quasimodo, en l’an du Seigneur 1467, paraissait exciter à un haut degré la curiosité du groupe assez considérable qui s’était amassé autour du bois de lit. Le groupe était formé en grande partie de personnes du beau sexe. Ce n’étaient presque que des vieilles femmes.

mardi 21 avril 2009

Mystères de St Christophe

Il y a un article très érudit à lire en ligne si vous voulez en savoir plus... C'est le texte d'un article de 1973, actuellement indisponible sur papier de G. A. Runnalls. La saisie et la mise en page ont été assurées à l'Université de Rennes par Christophe (!) Chériaux.
Voici une partie de l'introduction :
"Il existe aujourd'hui deux pièces de théâtre médiévales qui ont pour sujet la vie et le martyre de Saint Christophe. La version la plus connue est celle d'Antoine Chevalet, représentée en 1527 à Grenoble, et imprimée, également à Grenoble, en 1530 ( voir XXIV1 , II 599-605 XXII; III 1-26). Il s'agit d'un long mystère de presque 20000 vers, divisés en quatre journées. En voici le titre: «S'ensuyt la Vie de Sainct Christofle élégament composée en rime françoise, & par personnaiges, par Maistre Chevalet, jadis souverain Maistre en telle compositure, nouvellement imprimée.... Icy finist le Mystère du glorieux Sainct Christofle, composé par personnaiges, & imprimé à Grenoble le vingt-huict de Janvier, l'an comptant à la Nativité de Nostre-Seigneur, mil cinq cens trente, aux dépens de Maistre Anemond Amalberti, Citoyen de Grenoble.»
L'autre version de la vie de Saint Christophe, qui consiste en un traitement très différent du même thème, est plus courte, et moins bien connue; en effet, elle passa presque inaperçue jusqu'en 1880, lorsque Petit de Julleville (XXIV, II 491-3) en fit mention pour la première fois.... C'est cette deuxième version, anonyme, qui nous intéresse, et dont nous publions ici la première édition moderne... Voici l'Incipit et l'Explicit de Yf 1606: «S'ensuit le mistere du Tresglorieux martir Monsieur sainct christofle Par personnages Nouvellement (VI) imprime a Paris Et est a xxxiiij personnages Dont les nomps s'ensuivent cy apres.... Cy finist le mistere de sainct cristofle nouvellement imprime a Paris par la veufve feu Jehan trepperel Jehan Jehonnot Libraire & imprimeur Jure en l'universite de Paris demourant en la Rue neufve Nostre dame a L'enseigne de l'escu de France.» Ce document fut publié entre 1512 et 1517"
Pour vous donner l'eau à la bouche, suite à une enquête quasi policière, les auteurs en sont venus à penser que le mystère imprimé à Paris, mais sans doute composé, un peu plus tôt, au siècle précédent, l'a été par un imprimeur qui habitait la paroisse de St Christophe, dont l'église, maintenant détruite faisait face à Notre Dame.
Il y a dans cette article un historique des différentes versions de la légende qui en vient à la conclusion que la légende du Réprouvé, telle que je la raconte à la "suite" de Jacques de Voragine, et telle qu'elle apparaît dans les mystères est assez récente.
Pour ce qui est du mystère imprimé et joué à Grenoble, nous aurons sans doute l'occasion d'en reparler puisqu'il a aussi été traduit et joué dans l'Eglise de St Chef (38) en 2002. On peut juste faire remarquer que Grenoble, au confluent du Drac et de l'Isère (le serpent et le dragon, comme le disent les Grenoblois) était régulièrement dévastée par les inondations.

dimanche 28 septembre 2008

Saint Jacques Saint Christophe et le pont de Crimée à Paris


C'est un soir de septembre doux et lumineux. Dehors, le Saint Christophe (du 19ième siècle, à droite de la porte : cliquez pour agrandir) ne ressemble pas à ce qu'on rencontre habituellement, peut-être parce qu'il manque des morceaux, à moins que le sculpteur, Dantan l'aîné, n'ait préféré représenter le converti qui prêche la bonne parole ? Sous la statue l'alpha et l'oméga.
L'église est de 1844. Des remaniements ont eu lieu en 1930. Elle en remplace une plus ancienne, dédiée aux mêmes saints, sur la route de Compostelle et sur l'ancienne voie romaine...
Le compagnonnage du Réprouvé avec Saint Jacques, que j'ai déjà rencontré dans l'Isère (chapelle de Paquiers en Trièves et des Faures en Valjouffrey), je l'expliquerais bien parce qu'ils sont les protecteurs des voyageurs, notamment par rapport à l'élément liquide.
L'église est ouverte et il y a quelqu'un à l'accueil...
Et le Réprouvé est bien là : vitrail, fresque, et une jolie statue en bois peinte:

Quand je sors de l'église, je découvre à deux pas une autre merveille : le pont-levant qui date de 1808 et traverse le canal de l'Ourcq. Il fonctionne toujours. Il y a même la guérite du passeur !
De l'autre côté du pont un homme, sur son vélo, prie en regardant l'église, un pompier passe au petit trot chargé d'un gros sac de pains, les collégiens se chahutent, le pont se soulève pour les péniches, les piétons et les vélos ont la priorité... Il y a même un bar chic qui a pris le nom du saint mais à l'anglaise...
Une balade que je vous recommande chaudement...


On peut aussi aller voir le très joli reportage dessiné de Adjim Danngar sur sa visite de l'église en octobre 2007.

samedi 27 septembre 2008

St Christophe de Javel, 23 septembre 2008

Une église de brique et de ciment juste en face de l'Imprimerie Nationale à Paris. Il y a des croques morts devant l'église, ça veut dire que c'est ouvert... J'entre : effectivement c'est un enterrement avec peu de monde dans une immense église pleine de couleurs et de musique : de l'orgue accompagne une magnifique voix de chanteuse ...
A l'entrée un Saint Christophe de marbre blanc m'accueille.L'église est tapissée des 2 côtés par des fresques immenses et légendées, comme une bande dessinée ou une fresque du Moyen-âge, qui racontent la vie de St Christophe. L'artiste signe Jacques Martin Ferrières et il a travaillé directement sur le béton avec de la cire. L'oeuvre est monumentale, pleine de détails...
Sur le côté droit, le texte dit ceci (chaque paragraphe correspond à une image) :
Fier de sa force, le géant Reprobus décide de la mettre au service de l'être le plus puissant du monde. Mais un jour, le Prince qu'il servait se troublant au seul nom de Satan prononcé par des musiciens, Reprobus rend ses armes et dit Satan sera mon maître.
Reprobus abandonne Satan vaincu par la Croix du Christ.
Un ermite révèle au bon géant la religion du Christ et l'envoie aider les voyageurs à passer un torrent.
Une nuit un petit enfant hèle le passeur. Le bon géant porte avec aisance son précieux fardeau quand soudain ses forces le trahissent sous le poids prodigieux de l'enfant et sous la poussée des eaux démesurément grossies.L'enfant Dieu dissipe par son sourire l'angoisse du bon géant : on t'appelait le Réprouvé, je te baptise Christophe car tu as porté le Christ qui supporte le poids du monde.
La suite de l'histoire sur tout le mur de gauche raconte Christophe, converti, prêcheur et martyr jusqu'à l'ascension de sa tête décapitée vers le ciel... Le genre d'histoire qui ne m'intéresse pas beaucoup.
L'église date de 1930. Elle a été construite dans un quartier déshérité, un quartier populaire en bord de Seine, célèbre pour ses sablières et ses usines chimiques. La volonté des religieux et de l'architecte était de construire avec des moyens modernes (c'est le tout début du béton armé) une cathédrale à moindre prix (parce que préfabriquée dans des ateliers chauffés l'hiver pour limiter le chômage des maçons et permettre aux moins qualifiés d'avoir du travail)mais qui donne envie d'entrer.
Au dessus du choeur une autre peinture de St Christophe entourée d'étoiles. Je lirai plus tard que les étoiles étaient "vendues" pour payer les travaux : tous les enfants voulaient avoir "leur" étoile près de St Christophe ! Autour du saint, il y a, parait-il, représentés toutes sortes de transports contemporains, même une ... skieuse. La lumière n'était pas assez bonne pour que je les vois...
La célébration est finie, je fais quelques photos, heureusement car le prêtre commence à éteindre les lumières. Il me dit qu'il est pressé mais il réussi à me vendre une petite brochure très intéressante sur l'église et sa construction !
En sortant je découvre l'inscription au dessus de la porte et le Saint Christophe de 8 m 50 qui surplombe l'entrée.

Faites un détour par cette église : il y a d'autres Christophe cachés dans tous les coins : vitraux, horaires des messes, fresques extérieures ou le saint accompagne des coureurs automobiles...
Juste à côté étaient les usines Citroën. Jusqu'en 1960, il y avait une bénédiction des voitures mais, bouchons aidant, il a été abandonné. En 2009, la Saint Christophe sera fêtée le 20 juin !
A deux ou trois cent mètres, sous le Pont Mirabeau, coule la Seine... Et voguent encore des péniches emplies de ciment. ... " Fluctuat nec mergitur", c'est la devise qui est inscrite sur les Ponts de Paris et notamment le Pont Mirabeau. Ce n'est pas que de la littérature. La corporation qui a "fondé" la ville était celle des bateliers.

mercredi 6 août 2008

Christophe, c'est le saint patron

• des enfants, dans le Piémont, ceux qui ne marchent pas ou dont la croissance est retardée
• des sociétés de tempérance
• des portefaix à Tolède, des scieurs de long, des charpentiers, des débardeurs, des arbalétriers et tous les métiers de force...
• des fruitiers (Paris 1412) à cause du bâton de marche...
• des mariniers (sur la Somme et à Orléans)
• des villes et villages périlleux par exemple St Malo
• des mourants ...
• des voyageurs, des pélerins
• de l'Arme du Train depuis Napoléon 1er
• des chevaux et des automobilistes en Picardie : aujourd’hui son culte a repris vigueur auprès des automobilistes qui placent sa médaille dans leur voiture et qui vont en pèlerinage par exemple à Celles, Tertre ou Wasmes-Briffoeil (deuxième dimanche de juin)

mardi 29 juillet 2008

St Christophe devant Notre Dame

Une fois n'est pas coutume, un simple copié collé d'un presque miracle, en tout cas d'un voeu qui a abouti à l'érection d'un gigantesque St Christophe à Paris en 1413 :
Mais la manifestation la plus concrète du culte de Saint Christophe à Paris était incontestablement l'immense statue élevée en 1413 à l'entrée de l'Eglise Notre-Dame. Ce colosse, qui représentait saint Christophe portant l'enfant Jésus sur ses épaules, mesurait 28 pieds de hauteur, le pied avait une aune de longueur, le pouce un pied de roi; il était adossé au gros pilier de l'entrée de la nef à droite. Un peu plus loin était une colonne soutenant une grande pierre carrée sur laquelle était représenté un chevalier armé de toutes pièces avec cette inscription: "C'est la représentation de noble homme Messire Anthoine des Essarts, chevalier jadis sieur de Thieux et de Glatigny, au val de Valie, conseiller et chambellan du roi nostre sire Charle VIème de ce nom, lequel chevalier fit faire ce grand image en l'honneur et remembrance de Monsieur saint (XXIII) Christophe en l'an 1413. Priez Dieu pour son âme."
Anthoine et Pierre des Essarts furent mêlés aux troubles qui agitèrent Paris pendant la Guerre de Cent Ans. Pierre eut la tête tranchée aux Halles, le 1er juillet 1413, par ordre du duc de Bourgogne. Anthoine était en prison, attendant le même sort, lorsqu'il vit en rêve Saint Christophe qui venait le délivrer. Il fit voeu, si ce rêve se réalisait, d'élever au saint une statue énorme dans l'église Notre-Dame, et mis en liberté quelque temps après, il accomplit loyalement sa promesse. Cette statue fut détruite vers la fin du dix-huitième siècle à la suite d'un accident.